
L’Assemblée nationale a adopté, au cours d’une séance publique tenue lundi soir sous la présidence de son vice-président, M. El Hassen Cheikh Baha, un projet de loi autorisant l’adhésion de la République Islamique de Mauritanie à la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux, adoptée le 17 mars 1992 à Helsinki.
Prenant la parole à cette occasion, la ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mme Amal Mint Maouloud, a indiqué que la Mauritanie a subi, au cours des dernières décennies, les effets de la sécheresse et de la désertification, tout en demeurant fortement exposée aux conséquences du changement climatique.
Elle a souligné que cette situation est susceptible d’accentuer les défis liés à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement ainsi qu’à la mobilisation durable des ressources en eau.
La ministre a précisé que les principales ressources hydriques du pays proviennent du fleuve Sénégal et des eaux souterraines. Elle a ajouté que les principaux aquifères identifiés en Mauritanie, notamment ceux du Trarza et du Dhar, sont des nappes transfrontalières partagées avec plusieurs pays de la sous-région, ce qui confère à leur gestion une dimension régionale d’importance stratégique.
Elle a rappelé que, pour faire face à ces défis, la Mauritanie participe activement aux mécanismes de coopération régionale, en particulier à travers l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Elle contribue également aux initiatives relatives à la gestion concertée des aquifères transfrontaliers. C’est dans ce contexte, a-t-elle expliqué, que s’inscrit la volonté de la Mauritanie d’adhérer à cette convention, considérée comme l’un des principaux instruments juridiques internationaux en matière de coopération sur les ressources en eau transfrontières.
Selon la ministre, cette convention vise à prévenir, réduire et maîtriser les impacts transfrontaliers, à promouvoir une utilisation équitable et rationnelle des ressources en eaux de surface et souterraines et à favoriser le développement durable. Elle s’inscrit également dans le prolongement des engagements régionaux de la Mauritanie, notamment dans le cadre de l’OMVS et de la déclaration ministérielle relative à l’aquifère sénégalo-mauritanien, qui vise à mettre en place un cadre juridique et institutionnel pour la gestion durable de cette ressource commune.
Mme Amal Mint Maouloud a affirmé que l’adhésion de la Mauritanie à cette convention permettra de renforcer la coopération avec les États partageant des ressources hydriques communes, d’améliorer la gouvernance et la gestion intégrée des ressources en eau, de bénéficier d’un appui technique, institutionnel et financier, ainsi que de prévenir les différends liés à l’eau et de promouvoir une gestion concertée des bassins transfrontaliers.
Au cours des débats, les députés ont salué cette adhésion et appelé à la mise en place d’une politique claire et transparente de gestion rationnelle des eaux de surface. Ils ont également interrogé le Gouvernement sur les mécanismes prévus pour assurer la gestion, la préservation et la protection des eaux du fleuve contre les risques de pollution.








