Le Premier ministre préside l’ouverture du forum de haut niveau sur le climat, la paix et la sécurité dans les régions du Sahel et du golfe de Guinée

mar, 06/10/2026 - 17:35

Le Premier ministre, M. Mokhtar Ould Djay, a présidé, ce mardi, au nom du Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’ouverture du forum de haut niveau sur le climat, la paix et la sécurité dans les régions du Sahel et du golfe de Guinée, au Palais des congrès « Mokhtar Ould Daddah » à Nouakchott, sous le thème : « Ensemble pour la résilience et la paix ».

Organisé en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et prévu sur trois jours, ce forum vise à renforcer le dialogue et la concertation autour des défis communs liés au changement climatique, à la paix, à la sécurité et au développement. Il a également pour objectif de favoriser l’échange d’expériences et d’expertises et d’examiner les moyens de renforcer la coopération régionale afin de bâtir la résilience et de faire face aux répercussions croissantes du changement climatique.

 

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a souligné l’importance de ce forum en tant qu’espace de dialogue sur les liens étroits entre le changement climatique, la paix, la sécurité et le développement. Il a mis en exergue le fait que cette édition s’inscrit dans le prolongement du forum de Bamako, tenu en novembre 2023, et marque une évolution significative grâce à l’élargissement de la concertation aux pays du golfe de Guinée.

Il a précisé que cet élargissement reflète la nécessité d’une approche régionale fondée sur la similitude et l’interdépendance des défis auxquels sont confrontés les pays de la région, ainsi que sur le principe de solidarité entre eux.

Le Premier ministre a souligné que le changement climatique est devenu un facteur de vulnérabilité économique et sociale, sous l’effet de phénomènes climatiques extrêmes tels que la sécheresse, la désertification, la dégradation des terres et la pression croissante sur les ressources en eau, sans oublier les inondations et l’érosion côtière.

Il a précisé que ces phénomènes ont de profondes répercussions sur la sécurité alimentaire, les mouvements et les déplacements de populations, ainsi que sur la stabilité des régions et des économies au Sahel et dans le golfe de Guinée.

Il a insisté sur le fait qu’il n’est plus possible de dissocier l’action climatique des politiques de développement, de sécurité humaine et de consolidation de la paix, appelant à l’intégrer au cœur des politiques publiques, des investissements et des stratégies de prévention et de gestion des crises.

Le Premier ministre a attiré l’attention sur la vulnérabilité particulière du continent africain face aux conséquences du changement climatique, malgré sa contribution limitée aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il a souligné la nécessité de renforcer la solidarité internationale, notamment dans les domaines du financement climatique, de l’adaptation, du transfert de technologies et du renforcement des capacités.

Il a également souligné l’importance de renforcer les capacités propres des États africains, de développer des infrastructures résilientes, de protéger les écosystèmes et d’encourager une gestion durable des ressources naturelles, afin de faire de la résilience climatique un levier de développement économique, de renforcement de la sécurité alimentaire, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Le Premier ministre a passé en revue les efforts déployés par la Mauritanie, sous les directives du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dans les domaines de la protection de l’environnement, de l’action climatique et du développement durable.

Il a souligné que le gouvernement œuvre à traduire ces orientations en politiques et programmes concrets visant à renforcer la résilience des populations, à protéger les ressources naturelles, à soutenir les secteurs productifs et à mobiliser les investissements nécessaires pour parvenir à une croissance durable et inclusive.

Il a ajouté que la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), le programme de restauration et de réhabilitation des terres, la protection des zones côtières, la préservation de la biodiversité et le développement de l’économie verte constituent des axes fondamentaux de cette démarche, tout comme le renforcement de la coordination intersectorielle afin de garantir l’intégration des réponses aux risques climatiques dans les politiques économiques, sociales, territoriales et sécuritaires.

Enfin, il a souligné que la tenue de ce forum à Nouakchott intervient à un moment crucial pour l’agenda climatique international, à l’approche de la 31e Conférence des Parties (COP31), prévue à Antalya, en Turquie.

Il a appelé à saisir cette occasion pour renforcer la coordination, porter la voix du continent africain et de ses peuples, ainsi que leurs préoccupations et aspirations, et réaffirmer la nécessité d’un soutien aux pays les plus vulnérables, à la hauteur des défis auxquels ils sont confrontés.

Le Premier ministre a souligné l’importance de la coopération régionale en tant qu’outil essentiel pour renforcer la résilience, étant donné que les impacts liés aux ressources naturelles, aux systèmes pastoraux et agricoles, aux zones côtières, aux bassins hydrographiques et aux mouvements de population transcendent les frontières nationales. Une réponse collective s’impose donc pour relever les défis liés au changement climatique.

Dans ce contexte, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de renforcer le rapprochement et la coopération entre les pays du Sahel et ceux du golfe de Guinée, en intensifiant le dialogue, la concertation, l’échange d’informations et l’harmonisation des positions, ainsi qu’en partageant les résultats des systèmes d’alerte précoce, en promouvant une gestion intégrée et conjointe des ressources naturelles et en mobilisant des investissements pour bâtir des zones plus résilientes.

Il a exprimé l’espoir que les travaux du forum aboutissent à des recommandations pratiques et concrètes, susceptibles de renforcer la coopération entre les pays de la région et de contribuer à transformer le climat, en faisant passer celui-ci d’un facteur aggravant de vulnérabilité à un levier de développement, de stabilité, de paix, de coopération et de prospérité partagée pour les peuples de la région et du continent africain.

Pour sa part, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messouda Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf, a affirmé que la tenue de cette conférence à Nouakchott témoigne de l’importance croissante des questions liées au changement climatique, à la sécurité humaine et au développement durable. Elle incarne également le besoin urgent de renforcer la coopération régionale afin de relever les défis communs auxquels sont confrontés les pays de la région.

Elle a expliqué que les régions du Sahel et du golfe de Guinée sont confrontées à un certain nombre de défis interdépendants et à des vulnérabilités croissantes, parmi lesquels les répercussions du changement climatique, la pression croissante sur les ressources naturelles, la dégradation des terres, la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, ainsi que les défis socio-économiques. Elle a souligné que ces transformations exigent l’élaboration d’une réponse collective et innovante, fondée sur la solidarité, la coordination et l’échange d’expériences.

La ministre a souligné que relever ces défis exige l’adoption d’une approche intégrée, qui dépasse le traitement sectoriel et repose sur le renforcement de la coordination entre les politiques environnementales, les efforts de consolidation de la paix et de la stabilité, les exigences de sécurité et les objectifs de développement durable, afin d’assurer une plus grande résilience face aux crises et aux risques croissants.

La ministre a affirmé que la Mauritanie, grâce à la vision éclairée du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, accorde une importance particulière au renforcement de la résilience des populations et des écosystèmes face aux défis climatiques et environnementaux. Cette démarche repose sur la ferme conviction que la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles constituent deux piliers fondamentaux pour parvenir à la stabilité et à la prospérité, renforcer la cohésion sociale et soutenir les voies du développement durable.

Elle a souligné que le défi ne se limite pas à la lutte contre les effets du changement climatique, mais exige également d’investir dans des solutions durables, de renforcer les capacités des communautés locales et de développer des mécanismes de coopération régionale afin de transformer les défis environnementaux et climatiques en opportunités de promotion du développement et de la stabilité.

La ministre a exprimé ses sincères remerciements et sa profonde reconnaissance à tous les partenaires ayant contribué à l’organisation de cette réunion, notamment au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ainsi qu’aux diverses institutions et organisations régionales et internationales qui soutiennent les efforts de paix, renforcent la résilience et promeuvent des voies de développement durable dans la région.

Elle a conclu que l’unification des efforts et le renforcement des partenariats entre les différents acteurs demeurent essentiels pour élaborer des réponses plus efficaces et durables, capables de relever les défis climatiques et environnementaux, de consolider la sécurité et la stabilité et de soutenir le processus de développement dans les régions du Sahel et du golfe de Guinée.

De son côté, le Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Mauritanie, M. Mansour Ndiaye, a souligné que la tenue de ce forum revêt une grande importance pour les régions du Sahel et du golfe de Guinée, riches en ressources naturelles et caractérisées par une forte volonté politique et une ambition croissante en faveur d’un développement global et intégré.

Il a expliqué que la région représente un espace prometteur pour les investissements productifs, mais que le changement climatique est devenu un facteur multiplicateur de risques, aggravant les vulnérabilités existantes, accentuant la pression sur les ressources naturelles et affectant les mouvements de population, la cohésion sociale et l’intégration entre les communautés.

Il a souligné que le Programme des Nations Unies pour le développement et le système des Nations Unies sont pleinement disposés à travailler aux côtés des gouvernements, des organisations régionales, du secteur privé, de la société civile et des différents acteurs afin de faire de ce forum une plateforme concrète permettant d’orienter les investissements vers des priorités communes et de promouvoir la coopération et la convergence des efforts.

Le Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement en Mauritanie a souligné que les questions climatiques, de paix et de sécurité sont interdépendantes et constituent des facteurs clés pour parvenir à un développement durable et renforcer la résilience, contribuant ainsi à consolider la stabilité, à renforcer la sécurité et à soutenir les voies de développement dans les régions du Sahel et du golfe de Guinée.

Il a ajouté que l’unification des efforts, le renforcement des partenariats, ainsi que la mobilisation et l’orientation des ressources vers des priorités communes permettraient d’élaborer des solutions pratiques et durables répondant aux défis interdépendants auxquels la région est confrontée et soutenant les aspirations de ses populations à la paix, à la stabilité et au développement.

La cérémonie d’ouverture du forum a réuni plusieurs membres du gouvernement, le ministre sénégalais de la Transition écologique, le ministre malien de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le directeur de cabinet du Premier ministre, le wali de Nouakchott-Ouest, la présidente de la Région de Nouakchott, ainsi que de nombreux responsables et conseillers du cabinet du Premier ministre. Étaient également présents des membres du corps diplomatique, des partenaires, ainsi que des experts techniques et financiers dans les domaines de l’environnement et du développement durable.