Aoujeft: mémoire vivante et avenir des oasis

dim, 25/01/2026 - 22:42

Dans un moment où l’hémicycle parlementaire semblait davantage s’apparenter à une oasis en quête d’une ressource hydrique durable, l’intervention du professeur Mohamed Ely Telmoudi, député de la moughataa d’Aoujeft, est venue rompre avec la monotonie du discours conventionnel pour placer une revendication centrale au sommet des priorités nationales : la reconnaissance d’Aoujeft comme ville historique, non pas en tant que simple vestige du passé, mais en tant que véritable projet d’avenir.

Le député ne s’est pas exprimé au nom d’un individu ou d’un groupe particulier, mais a porté une préoccupation collective, celle des populations d’une moughataa dont l’existence est intimement liée à ses palmeraies et rythmée par la vie de ses oueds.

Dans cette perspective, il a plaidé pour l’accélération de la mise en œuvre effective de l’Agence de développement des oasis, au lieu de se limiter à des projets saisonniers à l’impact restreint. Selon lui, cette agence constitue le cadre institutionnel approprié pour enrayer la dégradation progressive des oasis et les transformer en un véritable levier de développement économique et social.

Cette revendication s’inscrit dans un contexte nouveau, marqué par le renouvellement de la majorité des bureaux des associations des oasis dans la moughataa d’Aoujeft. Le député y voit un signal clair de la disponibilité des agriculteurs à s’engager dans une vision de développement renouvelée, plus structurée et à portée durable, visant à revaloriser l’activité agricole et à accélérer le rythme du développement dans les vallées.

Abordant un autre axe tout aussi essentiel, le député d’Aoujeft a insisté sur la nécessité de soutenir l’usine de transformation des dattes et de procéder à la restructuration de l’entreprise qui en assure la gestion. Il a qualifié cette structure d’institution stratégique, dont le rôle dépasse la seule transformation industrielle pour devenir un véritable pilier économique et social. Le soutien à cette usine permettrait de garantir l’achat de la production locale, sa conservation, son conditionnement et son exportation selon des normes compétitives, plaçant ainsi les dattes nationales en position de concurrencer les produits importés et de répondre aux besoins du marché national en dattes et en produits maraîchers.

Le député a souligné que la réalisation de cette ambition demeure tributaire d’une réponse claire et concrète à ces revendications, lesquelles reflètent l’essence même des aspirations des agriculteurs des oasis et traduisent leur besoin d’un appui direct et durable, reliant la production à la commercialisation et transformant l’effort agricole en une réelle valeur économique.

En ouverture de son intervention, le professeur Mohamed Ely Telmoudi a salué les acquis réalisés sous le gouvernement de Son Excellence le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, notamment dans les domaines de l’action sociale et de la santé.

Il a inscrit ces réalisations dans la droite ligne des orientations de Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à répondre aux attentes du peuple mauritanien et à mettre en place des politiques de développement tournées vers l’avenir, fondées sur la confiance et la responsabilité.

Ainsi, l’intervention du député d’Aoujeft n’a pas constitué un simple discours de circonstance, mais une véritable prise de position : les oasis ne sont pas une périphérie négligeable, Aoujeft n’est pas en marge de l’histoire, et le développement, lorsqu’il est différé, entame les racines mêmes de la vie.