
Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Mohamed Babana, a affirmé que la Mauritanie entretient avec ses voisins et pays frères des relations solides, soulignant qu’aucun différend ne l’oppose aux pays limitrophes, notamment dans la partie nord du pays.
S’exprimant mercredi soir lors du point de presse hebdomadaire du gouvernement, le ministre a expliqué que l’objectif du pays en matière de clarifications des frontières est de prévenir toute ambiguïté susceptible d’entraîner des conséquences sécuritaires, juridiques ou économiques. Il a, dans ce contexte, réaffirmé la position constante du gouvernement en faveur d’une solution pacifique et consensuelle, sous l’égide des Nations unies.
Interrogé sur le dossier du journaliste mauritanien Ishag Ould Mokhtar, le ministre a indiqué que celui-ci fait l’objet d’un suivi attentif de la part du gouvernement et bénéficie d’un intérêt particulier du Président de la République. Il a assuré que les démarches se poursuivent et que l’opinion publique sera informée de toute évolution dès que des éléments nouveaux et fiables seront disponibles.
Concernant la circulaire sur l’usage exclusif de la langue arabe dans les correspondances de son ministère, le porte-parole du gouvernement a précisé qu’il s’agit d’une mesure interne s’inscrivant dans le fonctionnement administratif ordinaire d’un département ministériel, tout en rappelant qu’elle repose, dans sa légitimité, sur la Constitution et les lois en vigueur. Il a souligné que celle-ci ne porte aucunement atteinte aux engagements internationaux de la Mauritanie, ajoutant que le pays est fier de son appartenance à ses espaces régionaux et internationaux, notamment à la Francophonie.
Répondant à une question sur la hausse de certains produits alimentaires, notamment celui de la tomate, le ministre a indiqué que le gouvernement suit quotidiennement l’évolution des prix, des chaînes d’approvisionnement et des facteurs économiques susceptibles de les influencer à la hausse comme à la baisse. Il a indiqué que, conformément aux orientations du Président de la République, le citoyen mauritanien demeure au cœur des priorités gouvernementales et de la politique de développement, assurant que les efforts déployés portent notamment sur le renforcement du pouvoir d’achat et le soutien aux secteurs sensibles, en particulier celui des produits alimentaires.
S’agissant d’une éventuelle révision de la Constitution, le porte-parole du gouvernement a rappelé que le pays a connu, ces derniers mois, un débat politique autour du rôle des institutions constitutionnelles, y compris la Présidence de la République. Cette réflexion, portée par des acteurs politiques, des parlementaires et des leaders d’opinion, s’inscrit, selon lui, dans une volonté de préserver la stabilité et d’assurer la continuité du développement. Il a toutefois souligné que les dispositions constitutionnelles en vigueur sont clairement établies et que leur modification obéit à des procédures strictes. Affirmant que ni le Président de la République ni le gouvernement ne prendront l’initiative de modifier la Constitution, précisant que la décision de la réviser ou non ne relève pas du gouvernement, mais du seul peuple mauritanien. Il a enfin estimé que les positions divergentes sur cette question sont légitimes, le rôle des autorités se limitant à veiller au respect des lois, dans un cadre où le peuple demeure le détenteur de la souveraineté.
Lui succédant et présentant le projet de loi de finances pour 2027, le ministre des Finances, M. Codioro Moussa N’guenore, a indiqué que le budget prévoit 152,11 milliards MRU de recettes globales, dons compris, pour 145,91 milliards de dépenses et de prêts nets, soit un excédent global de 6,20 milliards MRU.
Il a indiqué que le projet, s’inscrivant dans la mise en œuvre du programme présidentiel « Mon ambition pour la Patrie » et de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2030, est élaboré sur la base du document de programmation budgétaire à moyen terme 2027-2029, approuvé par le Conseil des ministres le 1er juillet dernier, et applique la nouvelle règle budgétaire adoptée en juin 2026, qui plafonne le déficit primaire hors recettes extractives à 3,5 % du PIB nominal.
Le ministre a fait remarquer que les projections tablent sur une croissance économique réelle de 5,0 % en 2027, puis de 4,3 % en moyenne sur la période 2027-2029, avec une inflation estimée à 3,3 %. Le solde primaire hors recettes extractives, dons compris, devrait s’établir à -21,03 milliards MRU, soit -3,5 % du PIB, contre -22,18 milliards MRU, équivalant à -4 % en 2026.
Il a par ailleurs tenu à préciser que le budget accorde une place importante aux investissements structurants. La deuxième phase du programme de développement de Nouakchott mobilisera 11,59 milliards MRU, tandis que le programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services essentiels et du développement local bénéficie de 26,4 milliards MRU sur la période 2025-2027.
Le programme de développement de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, couvrant la période 2026-2029, dispose pour sa part d’une enveloppe globale d’environ 39,6 milliards MRU, a déclaré le ministre. Celle-ci comprend notamment 25,44 milliards pour les infrastructures de soutien aux secteurs productifs, dont le port en eaux profondes et une station de traitement des eaux usées du secteur de la pêche, 4,63 milliards pour l’eau et l’assainissement, 3,06 milliards pour les routes et les transports et 3,03 milliards pour la modernisation urbaine.
Le cadrage budgétaire, poursuit le ministre, reste toutefois exposé aux incertitudes internationales, notamment à la persistance des tensions au Moyen-Orient, à une hausse durable des prix de l’énergie, à une désinflation plus lente que prévu et à une éventuelle baisse des cours de l’or ou à des aléas dans la production gazière. Le recul des dons et des financements concessionnels, ainsi qu’une exécution des investissements inférieure aux prévisions, figurent également parmi les risques identifiés.
Pour y faire face, le dispositif prévoit un plafonnement des dépenses, une réserve de liquidités sur le compte unique du Trésor à la Banque centrale de Mauritanie et des contributions au Fonds national des revenus pétroliers. L’objectif est de préserver les équilibres macroéconomiques et la soutenabilité des finances publiques, tout en maintenant l’effort d’investissement en faveur de la croissance, de l’emploi et de l’amélioration des conditions de vie.
Répondant à une question sur les évolutions entre les budgets de 2026 et de 2027, le ministre a d’abord souligné l’excédent budgétaire de plus de 6 milliards MRU prévu pour 2027. Il en a tiré deux principaux enseignements : d’une part, le renforcement de la souveraineté budgétaire, qu’il a présentée comme une exception dans la sous-région ; d’autre part, la capacité de l’État à financer les investissements nationaux sur ses propres ressources, un atout majeur.
S’agissant des mesures sociales prévues par la loi de finances 2027, le ministre a précisé qu’elles s’inscrivent dans la continuité de la stratégie engagée en 2026 et les années précédentes. À ce titre, le budget consacré à l’opération Aoun a été augmenté de plus de 6 milliards MRU, tandis que les transferts monétaires destinés aux ménages vulnérables bénéficient d’une hausse de 1,6 milliard MRU. À ces mesures s’ajoutent diverses subventions dans plusieurs domaines.
Pour sa part, la ministre de la Santé, Mme Naha Hamdi Mouknass, a indiqué que les six projets de décrets présentés ce mercredi en Conseil des ministres s’inscrivent dans le cadre des réformes de fond engagées par le gouvernement dans le secteur des médicaments et des produits de santé, conformément aux orientations du Président de la République dans le cadre de son programme « Mon ambition pour la Patrie ».
La ministre a précisé que ces mesures s’inscrivent dans le prolongement de la réforme du cadre juridique du secteur, consacrée par la loi n° 042-2025 du 26 novembre 2025, modifiant et complétant la loi relative à la pharmacie. Cette réforme a permis d’élargir le champ de la réglementation à des domaines et à des produits de santé qui ne disposaient pas auparavant d’un cadre juridique complet.
Elle a souligné que le gouvernement a engagé plusieurs mesures visant à mieux encadrer le secteur pharmaceutique et à renforcer son contrôle. Celles-ci comprennent l’actualisation de la nomenclature nationale des médicaments, l’harmonisation de leurs prix sur l’ensemble du territoire national et l’obligation d’afficher ces prix sur les emballages. Elles portent également sur le renforcement des conditions de transport et de conservation des médicaments, notamment le respect de la chaîne du froid, ainsi que sur le contrôle de leur entrée sur le territoire et l’interdiction de leur commercialisation sans autorisation nationale de mise sur le marché.
Ces réformes concernent aussi le contrôle de la qualité des médicaments et de leurs conditions de stockage, le développement du laboratoire national de contrôle de la qualité, la consolidation du cadre juridique régissant la pharmacie et la digitalisation des procédures d’enregistrement et d’octroi des autorisations. La ministre a également fait état de la mise en place d’un système de traçabilité des médicaments, depuis leur entrée dans le pays jusqu’à leur dispensions aux patients.
S’agissant du développement d’une industrie locale de médicaments, la ministre a relevé qu’un cadre juridique et technique précis a été défini pour la création d’établissements pharmaceutiques spécialisés. Il fixe les procédures de dépôt et d’examen des demandes d’autorisation, les normes techniques à respecter ainsi que la composition et les missions de la commission chargée d’étudier les dossiers. Il prévoit également l’instauration de règles de bonnes pratiques de fabrication.
La ministre a souligné la portée stratégique de cette mesure, la Mauritanie ne disposant actuellement d’aucune production locale de médicaments et d’autres produits de santé et dépendant des importations pour couvrir ses besoins. Le nouveau dispositif doit ainsi créer les conditions nécessaires au développement d’une industrie pharmaceutique nationale, afin d’améliorer la disponibilité des médicaments, de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté sanitaire, dans le respect des exigences de qualité et de sécurité.
Au sujet du projet de décret relatif aux dispositifs médicaux encadrant la fabrication, l’importation, le stockage et la distribution des médicaments, elle a précisé qu’il prévoit une classification de ces dispositifs en quatre catégories selon leur niveau de risque, permettant d’adapter le contrôle à la nature de chaque produit et aux dangers qu’il pourrait présenter. Ce texte instaure un régime spécifique d’enregistrement et d’autorisation de mise sur le marché, ainsi qu’un système de vigilance destiné à surveiller les incidents liés à leur utilisation après leur commercialisation. Il est appelé à renforcer la sécurité des équipements utilisés dans les établissements de santé, garantir leur traçabilité et limiter les risques liés aux produits non conformes aux normes requises.
La ministre a également commenté le projet de décret consacré aux réactifs utilisés dans les analyses médicales. Celui-ci réglemente leur fabrication, leur importation, leur distribution et leur commercialisation, tout en établissant un système de contrôle de la qualité. Il prévoit leur classification selon le niveau de risque, la création d’une commission technique d’évaluation et la mise en place d’un dispositif de vigilance propre à ces produits.
La ministre a rappelé le rôle déterminant des réactifs dans la réalisation des analyses et examens médicaux, soulignant que leur qualité et leurs performances analytiques influent directement sur la fiabilité des résultats, la précision du diagnostic et les décisions thérapeutiques. « Le texte vise ainsi à prévenir les erreurs diagnostiques liées à des performances insuffisantes, à améliorer la qualité des analyses de laboratoire et à mieux protéger les patients », a-t-elle ajouté.
Quant au projet de décret relatif aux produits de nutrition et de diététique, il définit les différentes catégories de produits concernées, les procédures d’enregistrement, les conditions d’autorisation des établissements de fabrication, ainsi que les règles applicables à la publicité, à la commercialisation, à l’importation, au stockage, à la distribution et au contrôle de leur qualité.
Selon la ministre, cette réglementation répond à la nécessité d’encadrer un marché composé de produits destinés à satisfaire des besoins nutritionnels particuliers, liés à certaines situations physiologiques ou pathologiques. En l’absence de contrôle approprié, leur utilisation peut présenter des risques pour les consommateurs, notamment pour les personnes souffrant de troubles métaboliques.
Le texte doit ainsi renforcer la sécurité de ces produits, améliorer l’information des consommateurs et garantir le contrôle de leur qualité et leur traçabilité. Il permet également de mieux les distinguer des médicaments, des produits cosmétiques et des dispositifs médicaux.
Un autre projet de décret a fait l’objet de la déclaration de la ministre. Il s’agit de celui relatif aux substances dangereuses, toxiques, stupéfiantes et psychotropes fixant les conditions de leur fabrication, de leur importation, de leur stockage, de leur classification, de leur utilisation et de leur délivrance.
Ce texte vise à renforcer le contrôle de ces produits à toutes les étapes de leur circulation, dans le respect des engagements internationaux de la Mauritanie en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes.
Sur ce point, la ministre a insisté sur la nécessité de concilier deux impératifs : garantir la disponibilité de ces substances lorsqu’elles sont nécessaires aux soins, notamment pour traiter et soulager la douleur ou prendre en charge certaines maladies et certains troubles, et prévenir leur détournement ou leur utilisation à des fins illicites.
Enfin, la ministre s’est attardée sur le projet de décret relatif à la profession d’opticien qui établit le cadre réglementaire de son exercice, en fixe les conditions d’accès et prévoit la création d’un registre national des professionnels. Celui-ci encadre également l’ouverture et le fonctionnement des magasins d’optique.
Selon ces propos, le dernier texte distingue les attributions de l’opticien-lunetier, chargé de réaliser, d’adapter et de délivrer les équipements de correction visuelle, généralement sur la base de prescription médicale, de celles de l’optométriste, dont les interventions portent sur les actes non médicaux d’évaluation des capacités visuelles et de mesure des défauts de réfraction oculaire.
Cette réglementation précise en outre les actes autorisés, les obligations professionnelles, les règles de tenue et de conservation des registres et des dossiers, les incompatibilités dans l’exercice de la profession, ainsi que les mécanismes de contrôle et les sanctions applicables en cas de manquement.
Interrogée sur les observations formulées par le Premier ministre à l’issue de sa visite, samedi dernier, dans plusieurs centres de santé, la ministre a expliqué que ce déplacement faisait suite aux instructions du Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à évaluer le niveau de préparation de ces structures. Elle a précisé que son département s’emploie actuellement à achever leur équipement et à identifier les équipes médicales et paramédicales qui y seront affectées.
Concernant la possibilité de disposer d’un hélicoptère pour les transferts médicaux, notamment les cas d’urgence, la ministre a indiqué que le secteur dispose actuellement de 200 ambulances, auxquelles se sont ajoutés 150 nouveaux véhicules. Elle a précisé que l’acquisition d’un hélicoptère sanitaire reste envisageable, sous réserve de la disponibilité des moyens nécessaires.








